Sevrage du Tramadol : symptômes et conseils contre l’addiction

Le tramadol agit sur les récepteurs opioïdes, les systèmes de recapture des monoamines et le système nerveux central pour supprimer les sensations de douleur et renforcer les sentiments de calme et de relaxation. L’interférence régulière du tramadol avec les messagers chimiques du cerveau peut entraîner des changements physiques dans certaines voies et structures du cerveau. Une personne prenant régulièrement du tramadol peut devenir tolérante à ses effets, ce qui signifie que le médicament n’agira plus à la même dose et qu’il faudra en prendre davantage pour qu’il soit efficace. C’est ce qu’on appelle la tolérance au médicament.

Des avertissements sont visibles sur les étiquettes et dans les informations relatives à la prescription de l’un des produits de marque courants dont l’ingrédient actif est le tramadol, tramadol biogaran, indiquant que le médicament peut potentiellement créer une tolérance et une dépendance chez les utilisateurs. La dépendance physiologique se développe lorsque les changements dans le cerveau sont devenus plus fixes, et qu’il ne fonctionne plus de la même manière sans l’interaction du tramadol.

La dépendance peut survenir même lorsqu’une personne prend un médicament exactement comme prescrit, bien qu’elle s’installe souvent plus rapidement lorsque le médicament est consommé de manière abusive. Le risque de devenir dépendant du tramadol peut être plus élevé pour les personnes qui en abusent, ou celles qui ont des antécédents de toxicomanie ou d’addiction ; l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué que le tramadol peut entraîner une dépendance lorsqu’il est pris pendant de longues périodes avec une ordonnance légitime.

Soigner l’addiction au tramadol

Le sevrage de certains médicaments sur ordonnance peut être douloureux, surtout après une période d’abus. Les opioïdes comme le tramadol ne font pas exception. Avec l’aide du centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), la désintoxication médicale, le traitement et les soins continus sont à portée de main et sont là pour vous mettre sur la voie de la sobriété à long terme. Les consultations sont individuelles, confidentielles et gratuites, alors n’hésitez pas à les consulter si vous souhaitez vous sevrer de l’addiction au tramadol.

Symptômes de sevrage du tramadol

Les opioïdes traditionnels comme l’oxycodone et l’hydrocodone augmentent les sensations de plaisir et peuvent produire un effet d’euphorie lorsqu’ils sont pris à des doses supérieures à celles prescrites. Le tramadol agit un peu différemment en activant non seulement les récepteurs opioïdes du cerveau, mais aussi en empêchant les neurotransmetteurs comme la sérotonine et la norépinéphrine d’être réabsorbés dans le système. Ainsi, le sevrage du tramadol peut en fait prendre deux formes différentes : le syndrome de sevrage traditionnel des opioïdes ou le syndrome de sevrage atypique des opioïdes.

Le sevrage des opioïdes comporte généralement deux phases principales : le sevrage précoce et le sevrage tardif. Le sevrage précoce commence lorsque la drogue quitte la circulation sanguine, et le sevrage tardif survient un peu plus tard. Les signes du sevrage des opioïdes varient en fonction de la phase.

Début du sevrage des opioïdes :

  • Nez qui coule
  • Transpiration
  • Bâillements
  • Douleurs musculaires et corporelles
  • Troubles du sommeil et/ou insomnie
  • Anxiété
  • Agitation
  • Fréquence cardiaque élevée
  • Hypertension artérielle
  • Respiration rapide

Sevrage tardif des opiacés :

  • Frissons et chair de poule
  • Douleurs et crampes d’estomac
  • Diarrhée
  • Vomissements
  • Perte d’appétit
  • Dilatation des pupilles
  • Difficultés à se concentrer ou à penser clairement
  • Irritabilité
  • Besoin de drogue
  • Dépression
  • Dépersonnalisation

Le tramadol a une demi-vie relativement courte. L’OMS rapporte que les formes à libération immédiate des produits à base de tramadol sont rapidement absorbées dans la circulation sanguine, leur efficacité atteignant son maximum en 1 à 4 heures. Les effets des produits tramadol à libération prolongée peuvent durer un peu plus longtemps, atteignant leur maximum en 4 à 6 heures.

En général, on pense que les symptômes de sevrage des opioïdes commencent environ 12 heures après la dernière dose. Selon les spécialistes, 90 % des personnes en sevrage de tramadol souffrent des symptômes de sevrage traditionnels des opioïdes, tandis que les 10 % restants peuvent éprouver une confusion grave, une paranoïa extrême, de l’anxiété, des crises de panique, des hallucinations et des picotements ou un engourdissement des extrémités.

Chronologie du sevrage du tramadol

L’ampleur de la dépendance physique à l’arrêt du tramadol peut être similaire aux symptômes de la grippe. Ils sont susceptibles de culminer en quelques jours et de s’estomper progressivement, tandis que les effets secondaires psychologiques du sevrage peuvent persister un peu plus longtemps. Chaque personne vivra le sevrage différemment, et certains facteurs peuvent influencer la durée du sevrage et la gravité potentielle des symptômes.

L’ampleur de la dépendance physiologique au tramadol contribue grandement à la durée et à la gravité des symptômes de sevrage, car un cerveau fortement dépendant du tramadol peut avoir besoin de plus de temps pour rebondir et rétablir l’équilibre qui a pu être perturbé par une consommation chronique et à long terme. Par conséquent, les personnes qui prennent du tramadol pendant une longue période, et surtout celles qui prennent de fortes doses, peuvent être plus fortement dépendantes du médicament.

La façon dont une personne prend le tramadol est également un facteur de sevrage et de dépendance à la drogue. Une personne qui prend le médicament selon les instructions, par exemple, est moins susceptible d’être aussi dépendante qu’une personne qui l’injecte, le renifle ou le fume.